De janvier 2025 à aujourd’hui, 10 femmes ont été tuées dans des cas liés à la violence domestique, et 6 478 agressions ont été enregistrées. Parmi les victimes, 7 avaient déjà obtenu une protection order.
Face à cette hausse des violences, le gouvernement prévoit de présenter un nouveau Domestic Abuse Bill à l’Assemblée nationale d’ici un mois, selon la ministre de l’Égalité des genres et du Bien-être de la famille, Arianne Navarre-Marie. Cette dernière a également levé le voile au Parlement sur le contenu de ce projet de loi.
Le gouvernement a décidé d’abroger la législation actuelle sur la protection contre la violence domestique afin de la remplacer par un texte plus complet et mieux adapté aux réalités contemporaines.
Le futur projet de loi prévoit plusieurs mesures importantes. Il élargit d’abord la définition de la violence domestique pour inclure les partenaires intimes ne vivant pas sous le même toit. Il introduit également une obligation légale de signalement pour les professionnels, afin de mieux détecter et signaler les cas de violence. La loi définit clairement les différentes formes d’abus : physique, sexuelle, psychologique et financière.
Parmi les principales innovations figure la création d’un « Protection Notice », qui pourra être délivré par la police en situation d’urgence, notamment la nuit ou le week-end, afin d’assurer une protection immédiate à la victime en attendant une décision de justice. Le texte facilite aussi l’intervention des forces de l’ordre, notamment l’accès au domicile et l’accompagnement des victimes pour récupérer leurs effets personnels.
Les victimes pourront désormais déposer plainte dans n’importe quel poste de police, indépendamment du lieu de l’incident. Certains agents auront aussi le pouvoir d’engager des démarches judiciaires au nom des victimes incapables de le faire elles-mêmes.
Le projet de loi prévoit en outre des programmes obligatoires de conseil et de réhabilitation pour les auteurs de violences, afin de réduire les risques de récidive.
Cette réforme s’articule autour de quatre axes : une définition élargie de la violence, le signalement obligatoire, un accès plus rapide à la justice et la réhabilitation des agresseurs. L’objectif est de renforcer la protection des victimes et d’apporter une réponse plus efficace à un problème jugé grave et croissant dans le pays.