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Keshinee: Le 05/06/2026 à 08:31 | MAJ à 05/06/2026 à 08:33
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MAUVAIS-TEMPS
Publié : Le 05/06/2026 à 08:31 | MAJ à 05/06/2026 à 08:33
Par : La Redaction

Les glissements de terrain, particulièrement dans les zones où les sols volcaniques, parfois argileux, reposent sur des couches basaltiques, constituent un risque bien réel à Maurice. Lors d’épisodes de pluies intenses ou prolongées, ces terrains peuvent perdre leur stabilité, surtout lorsque les pentes sont modifiées, bâties ou mal drainées.

Selon les données disponibles, 62 sites à risque ou prioritaires ont été identifiés à travers le pays dans le cadre de la Landslide Hazard Map. Ce chiffre illustre la vulnérabilité de certaines zones, notamment lors d’épisodes pluvieux extrêmes. Il convient toutefois de préciser que ces 62 sites ne doivent pas être présentés comme étant tous officiellement classés « critiques », sauf confirmation formelle de l’autorité compétente.

Autre distinction importante : le National Disaster Risk Reduction and Management Centre mentionne officiellement trois zones potentielles de glissement de terrain où des équipements de suivi ont été installés, soit Quatre-Sœurs, Vallée-Pitot et Chitrakoot. Cette information ne contredit pas l’identification des 62 sites à risque, mais les deux catégories ne doivent pas être confondues.

Lors de fortes pluies, l’eau s’infiltre dans les sols. Elle augmente leur poids, réduit leur cohésion interne et fragilise les couches souterraines. Lorsque l’eau circule entre différentes strates du terrain, elle diminue aussi le frottement sur les plans de contact, favorisant ainsi le glissement d’une masse de terre.

Mais les facteurs naturels ne sont pas les seuls en cause. Les interventions humaines peuvent aggraver la situation : constructions sur des versants instables, surcharge des terrains, modification des pentes, remblayages mal contrôlés ou encore mauvais entretien des systèmes de drainage.

Un drainage défaillant est particulièrement préoccupant. Lorsque les eaux pluviales ne sont pas correctement évacuées, elles s’accumulent dans le sol et augmentent la pression interstitielle. Cette pression peut suffire à déclencher des instabilités, surtout dans les zones déjà fragilisées.

Les conséquences peuvent être lourdes : fissures dans les bâtiments, affaissements de terrain, routes endommagées, érosion accélérée ou déplacements rapides de boue. Dans les zones habitées, ces phénomènes représentent un danger direct pour les familles, les infrastructures et les réseaux essentiels.

Les signes avant-coureurs doivent aussi être pris au sérieux. Des fissures qui apparaissent ou s’élargissent dans les murs ou au sol, des portes ou fenêtres qui coincent soudainement, un terrain qui s’affaisse, des drains bouchés ou une accumulation anormale d’eau sur une pente peuvent indiquer une instabilité du sol.

En cas de suspicion de mouvement de terrain, les habitants doivent éviter de s’approcher des zones fissurées ou affaissées, ne pas tenter de canaliser eux-mêmes de grandes quantités d’eau et alerter rapidement les autorités compétentes. Si un danger immédiat est constaté, l’évacuation préventive reste la mesure la plus sûre.

Pour réduire les risques, les spécialistes insistent sur plusieurs priorités : renforcer la surveillance des versants, améliorer les systèmes de drainage, limiter les constructions dans les zones sensibles et préserver la végétation, qui joue un rôle stabilisateur.

À plus long terme, des solutions d’ingénierie peuvent être envisagées, comme des murs de soutènement, des drains profonds ou la reconfiguration de certaines pentes. Mais ces interventions doivent reposer sur des études géotechniques précises, car chaque site présente ses propres caractéristiques.

Sans décisions rapides, coordonnées et fondées sur des données techniques, l’exposition des populations et des infrastructures risque de s’accentuer, surtout avec la multiplication des épisodes de pluies extrêmes.