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Shane: Le 01/07/2026 à 11:44 | MAJ à 01/07/2026 à 12:09
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Publié : Le 01/07/2026 à 11:44 | MAJ à 01/07/2026 à 12:09
Par : La Redaction

Un rapport de 271 pages, dense en constats, analyses et recommandations, jette les bases d’une transformation majeure du système de retraite à Maurice. Le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, a déposé ce mardi 30 juin à l’Assemblée nationale le rapport intérimaire de la Commission d’experts présidée par Ashok Prayag sur la réforme des pensions.

Au cœur des conclusions : un système jugé « non soutenable » à moyen et long terme. La Commission estime que le modèle actuel est fragilisé par le vieillissement rapide de la population, la baisse de la natalité et l’explosion des dépenses liées à la Basic Retirement Pension (BRP). Elle prévient que le déséquilibre démographique est appelé à s’accentuer, avec une chute du ratio travailleurs/retraités, passé d’environ 16 pour un en 1962 à moins de 3 pour 2064. Dans le même temps, la population devrait reculer de 1,24 million à environ 931 000 habitants.

Face à ce constat, les experts proposent une refonte en profondeur du système. La première mesure phare consiste à remplacer la Basic Retirement Pension par une State Age Pension, désormais ciblée selon les revenus. Les retraités les plus modestes conserveraient l’intégralité de la prestation, tandis que son montant serait progressivement réduit pour les revenus plus élevés, jusqu’à suppression au-delà d’un certain seuil.

Autre changement majeur : l’introduction d’une retraite flexible. L’âge légal resterait fixé à 65 ans, mais les assurés pourraient partir dès 60 ans avec une pension réduite, ou prolonger leur activité jusqu’à 70 ans afin de bénéficier d’une pension majorée.

La Commission propose également la mise en place d’un nouveau régime contributif, baptisé NPF 2.0. Il est appelé à remplacer progressivement plusieurs dispositifs existants, dont la Contribution Sociale Généralisée et le National Pensions Fund. L’objectif affiché est de renforcer l’épargne retraite individuelle et de réduire la dépendance au financement public.

Le rapport recommande aussi une harmonisation des régimes spéciaux, notamment ceux des parlementaires, des titulaires de fonctions constitutionnelles et de la fonction publique, afin de les aligner sur les nouvelles règles proposées.

Enfin, la création d’une autorité indépendante de supervision est suggérée pour garantir transparence et gouvernance du système.

La Commission insiste toutefois sur le caractère non contraignant de ces propositions. Le gouvernement devra désormais les examiner, dans un contexte où ce dossier s’annonce comme l’un des débats sociaux et politiques majeurs des prochaines années.

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