Près de quatre décennies après la détection du premier cas de VIH/Sida à Maurice, l’épidémie continue de laisser de profondes cicatrices. Au-delà des statistiques sur les nouvelles infections, un chiffre témoigne de l’ampleur du drame humain : 2 354 personnes ont perdu la vie des suites de la maladie depuis 1987.
Selon les dernières données disponibles, 10 253 cas de VIH/Sida ont été recensés dans le pays entre 1987 et décembre 2025. Parmi les personnes diagnostiquées séropositives figurent 7 292 hommes, 2 961 femmes et 119 enfants.
Si les progrès médicaux et l’accès aux traitements antirétroviraux ont considérablement amélioré l’espérance et la qualité de vie des patients, l’épidémie demeure loin d’être sous contrôle. Les années 2024 et 2025 ont notamment enregistré les niveaux de nouvelles séropositivités les plus élevés de la dernière décennie, avec respectivement 549 et 491 nouveaux cas.
Après 331 nouvelles infections en 2021, le nombre de cas est passé à 386 en 2022 puis à 382 en 2023, avant de connaître une forte hausse en 2024. Cette tendance suscite des inquiétudes quant à la persistance des facteurs de risque et à l’efficacité des stratégies de prévention.
Les données révèlent également que les jeunes adultes restent les plus exposés. Entre 2016 et 2025, les personnes âgées de 25 à 34 ans ont représenté la tranche d’âge la plus touchée par les nouvelles infections, suivies de celles âgées de 35 à 44 ans.
L’épidémie continue par ailleurs d’affecter davantage les hommes. De 2011 à 2025, le nombre de nouveaux cas recensés chez les hommes est resté systématiquement supérieur à celui enregistré chez les femmes.
Concernant les modes de transmission, les rapports hétérosexuels et l’usage de drogues injectables demeurent les principales sources de contamination. Ensemble, ils représentent la majorité des nouvelles infections détectées chaque année. La transmission hétérosexuelle est restée la principale voie de contamination pendant la majeure partie de la période étudiée.
L’évolution des infections liées à l’usage de drogues injectables préoccupe particulièrement les spécialistes. Alors que cette voie de transmission représentait 38,6 % des nouveaux cas en 2017, sa proportion avait chuté à 19,9 % en 2022. Toutefois, une recrudescence importante a été observée par la suite, avec 44,3 % des nouvelles infections attribuées à l’injection de drogues en 2024 et 37,1 % en 2025.