Un lagon turquoise devenu noir, des milliers de Mauriciens mobilisés et une catastrophe qui aurait pu être évitée. Le 6 août 2020, douze jours après son échouement sur les récifs de Pointe-d'Esny, le MV Wakashio commençait à déverser son fioul dans le lagon du Sud-Est. Six ans plus tard, les images de cette catastrophe écologique restent gravées dans la mémoire collective. Les questions de responsabilité, de réparation et de protection du patrimoine marin demeurent également d'actualité.
Le vraquier, battant pavillon panaméen, s'était échoué le 25 juillet 2020. Il transportait près de 3 900 tonnes de fioul et plus de 200 tonnes de diesel.
Le 6 août, une brèche dans sa coque avait transformé l'échouement en désastre écologique. Environ 1 000 tonnes d'hydrocarbures s'étaient répandues dans les eaux du Sud-Est.
Mangroves, récifs coralliens, herbiers marins et zones de pêche avaient été touchés. La catastrophe avait également fragilisé les pêcheurs, les plaisanciers et les familles vivant des ressources de la mer.
Face à l'urgence, des milliers de Mauriciens avaient convergé vers le Sud-Est. Des barrages flottants artisanaux avaient été fabriqués pour tenter de contenir le fioul.
Cette mobilisation reste l'une des images fortes du Wakashio : celle d'un pays révolté, mais uni pour sauver son lagon.
Rendu public en octobre 2025, le rapport de la Court of Investigation a conclu que la catastrophe était évitable. Il a relevé des erreurs humaines à bord, mais aussi des défaillances dans la surveillance maritime et la gestion de la crise.
Six ans après, le 6 août demeure plus qu'une date anniversaire. C'est un devoir de mémoire, mais aussi un appel à la vigilance afin qu'une telle catastrophe ne se reproduise jamais.