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Keshinee: Le 12/09/2026 à 07:43 | MAJ à 12/09/2026 à 07:44
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Publié : Le 12/09/2026 à 07:43 | MAJ à 12/09/2026 à 07:44
Par : Dooshina Appigadu

Le 12 septembre 2020, quelques semaines après la marée noire du MV Wakashio, des milliers de Mauriciens convergeaient vers Mahébourg. La mobilisation, partie de Beau-Vallon pour rejoindre le Waterfront, ne se limitait déjà plus à réclamer des réponses sur la gestion de la catastrophe. Elle portait une ambition plus large : celle d’un « Nouvo Moris », avec davantage de transparence, de participation citoyenne et de protection du patrimoine naturel.

Parmi les revendications formulées à l’époque figurait une proposition qui prend aujourd’hui une résonance particulière : inscrire le droit de la nature dans la Constitution afin de permettre aux citoyens de défendre juridiquement l’environnement. Cette demande était explicitement portée lors de la marche du 12 septembre 2020, dans le sillage de l’échouement du vraquier sur les récifs de Pointe-d’Esny le 25 juillet.

Six ans plus tard, le sujet revient au premier plan. La Constitutional Review Commission a ouvert une consultation publique sur plusieurs axes de réforme, parmi lesquels les droits fondamentaux, les « New Generation Rights », la bonne gouvernance et le droit à la nature. Les contributions écrites sont attendues jusqu’au 28 octobre 2026.

C’est dans ce contexte que Rezistans ek Alternativ commémore, ce samedi 12 septembre, la mobilisation de Mahébourg. L’événement prévoit la réinstallation d’une plaque commémorative en hommage à la mobilisation citoyenne liée au Wakashio, avant une conférence de presse consacrée à la Constitutional Review Commission et à la consultation publique.

Mais le Wakashio reste aussi un dossier inachevé. En mars dernier, le gouvernement indiquait que 6 309 réclamations, pour quelque Rs 2,3 milliards, avaient été transmises à l’assureur du navire, alors qu’environ Rs 200 millions avaient été versées aux victimes entre 2021 et 2022.

Le symbole est donc puissant : six ans après avoir dénoncé une catastrophe écologique et les failles institutionnelles qu’elle avait révélées, Mahébourg revient dans le débat national. Cette fois, la question n’est plus seulement de savoir comment réparer les dégâts du Wakashio, mais jusqu’où Maurice est prêt à transformer ses institutions pour éviter qu’une telle crise ne laisse encore les citoyens impuissants.