Depuis 85 ans, le waqf occupe une place importante au sein de la communauté musulmane à Maurice. Ce mécanisme permet à une personne de dédier une partie de ses biens, notamment des propriétés, à des fins d’intérêt collectif ou familial, avec pour objectif de créer une forme d’investissement durable au service de la communauté et de contribuer notamment à la lutte contre la pauvreté. À ce jour, 539 waqfs ont déjà été approuvés par le Waqf Board.
Mais ce cadre juridique est appelé à connaître d’importantes évolutions. Lors de la présentation du Budget 2026-2027, le gouvernement a annoncé plusieurs amendements à la Waqf Act.
Cette réforme vise à renforcer la transparence et la gouvernance dans l’administration des biens waqfs, tout en assurant une meilleure coordination avec les institutions compétentes. Parmi les changements annoncés figure également un renforcement des pouvoirs du Board of Waqf Commissioners, qui pourra désormais exercer un contrôle accru sur les structures waqfs, notamment à travers la demande de documents et d’informations nécessaires à ses vérifications. Les responsables de la gestion des waqfs devront également tenir des registres appropriés et fournir leurs comptes lorsque cela sera requis. Un registre contenant les informations sur les bénéficiaires effectifs des waqfs sera aussi mis en place et accessible aux autorités compétentes ainsi qu’aux organismes chargés de l’application de la loi.
Ces annonces ont toutefois suscité des réactions contrastées au sein de la population. Si certains saluent une mesure visant à renforcer la transparence et la bonne gouvernance, d’autres expriment des réserves face à ces nouvelles obligations.
Afin d’aborder ces différentes préoccupations, une réunion d’échange s’est tenue lundi entre les membres du Waqf Board, les députés de foi islamique ainsi que les dirigeants religieux musulmans. À l’issue de cette rencontre, dans une déclaration accordée exclusivement à Top FM, le président de la Jummah Mosque, Muhammad Rafiq Abdul Carrim, a indiqué qu’un consensus devra être trouvé et que d’autres discussions avec les autorités sont prévues.
Une nouvelle rencontre est d’ailleurs programmée aujourd’hui au bureau du ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, afin de poursuivre les échanges autour des amendements proposés à la Waqf Act.